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Megaupload fermé par le FBI, la toile riposte

Le service de téléchargement direct a été fermé suite à une opération menée au plan international. Megaupload indique vouloir se battre juridiquement « jusqu’au bout ».

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C’est l’un des sites les plus populaires au monde, avec plus de 50 millions de visiteurs par jour, et dont les services pèseraient pour près 4% du trafic Internet international. Megaupload.com, et ses sites satellites comme Megavideo.com, ont été fermés jeudi via une action commune portée par le FBI et le Département de la justice américain. Ce service de « direct download » permet à chaque internaute de déposer un fichier pour le proposer au téléchargement, en passant outre les systèmes anti-piratage, et notamment Hadopi en France.

Cette fermeture survient alors que deux projets de loi, Sopa et Pipa, visant à renforcer la lutte contre le téléchargement illégal aux Etats-Unis met Internet en ébullition. Mercredi encore, la toile a protesté avec une action coup de poing : la puissante encyclopédie participative en ligne Wikipedia, entre autres, a symboliquement fermé son site internet en langue anglaise pendant 24 heures.

« Mega Conspiracy »

Face à Megaupload, le Département de la justice américain a choisi la manière forte pour agir, en lançant une procédure contre les fondateurs du site pour viol des lois sur les droits d’auteurs. Le Département explique dans un communiqué que le service, qu’il baptise « Mega Conspiracy », a entraîné plus de 500 millions de dollars de perte pour les ayant-droits et généré 175 millions de dollars de profit via les abonnements et la publicité.

Pour obtenir la fermeture du site, le FBI a lancé une vingtaine de mandats aux Etats-Unis et dans huit pays, saisi près de 50 millions de dollars d’actifs ainsi que 18 noms de domaine, et surtout visé les serveurs du site implantés aux quatre coins du globe afin de fermer le service.

Arrestation du fondateur

Le fondateur de Megaupload, Kim Schmitz, alis Kim Dotcom, a d’ores et déjà été arrêté en Nouvelle Zélande, en compagnie de trois autres salariés du groupe, qui emploie, au total, une trentaine de personnes dans neuf pays. Selon le Département de la justice américain, chacun d’eux risque jusqu’à 20 ans de prison.

Selon l’inspecteur Grant Wormald de la police néo-zélandaise, le créateur de Megaupload.com a tenté de se réfugier dans une chambre forte lorsque la police est arrivée, rapporte l’AFP. « Mr. Dotcom est rentré dans sa maison et a activé plusieurs mécanismes de fermeture électronique », a-t-il déclaré. « Une fois ces codes neutralisés par la police, il s’est barricadé dans une chambre forte (…) et lorsque la police est parvenue à y pénétrer ils ont trouvé Mr. Dotcom près d’une arme qui avait l’apparence d’un fusil de chasse à canon scié ». En résumé : «Ca a été plus compliqué que de frapper à la porte».

Réaction de Megaupload

Le site PCINpact se fait l’écho d’une première réaction officielle de Megaupload  : « Juridiquement nous allons nous battre jusqu’au bout », indique Emmanuel Gadaix, Chief Technology Officer (CTO) chez Megaupload, qui représentait la plate-forme la semaine dernière lors d’un débat sur la liberté sur Internet et de la rémunération des auteurs au Sénat.

Selon lui, l’acte d’accusation du FBI serait plein d’inexactitudes. Interrogé sur le devenir des fichiers légitimes stockés sur la plate-forme, il répond : « On ne sait pas, c’est notre priorité la plus importante, de rétablir le service à nos utilisateurs et entreprises qui s’en servent quotidiennement à des fins légales ».

Représailles des Anonymous

Suite à cette opération, les hackers d’Anonymous ont décidé d’opérer des actions de représailles en saturant des sites. Jeudi soir, les sites d’Universal Music et du Département de la justice américain étaient ainsi inaccessibles. Des hackers ont également revendiqué sur Twitter la mise hors service du site du FBI.Image de prévisualisation YouTube

Compléter la Hadopi

En France, la première réaction officielle a été celle de Nicolas Sarkozy tard jeudi soir, saluant la décision de justice prise à l’encontre du site de téléchargement. « La mise à disposition illégale, par ce service, d’oeuvres protégées par le droit d’auteur, permettait à ses promoteurs de réaliser des profits criminels sous la forme de recettes publicitaires ou d’abonnements de ses usagers », indique l’Elysée dans son communiqué. « C’est le financement des industries culturelles dans leur ensemble qui est mis en cause par ce type d’opérateurs. Le moment est donc venu d’une collaboration judiciaire et policière active entre Etats pour porter un coup d’arrêt à leur développement. »

Le Président de la République a appelé « les créateurs français à intensifier leur utilisation des procédures judiciaires d’ores et déjà existantes dans notre droit » et invité parallèlement « les ministres concernés ainsi que la Hadopi, qui vient d’engager une consultation à ce sujet, à étudier rapidement l’utilité de compléter notre législation par de nouvelles dispositions et à lui faire, le cas échéant, des propositions en ce sens ».

L’une des plus promptes à lui répondre a été Marine Le Pen. « Nicolas Sarkozy fonctionne avec les internautes comme avec les automobilistes en les rackettant pour colmater les brèches laissées par sa gestion dispendieuse des deniers publics ». La candidate du Front National estime que, « ce faisant, Nicolas Sarkozy se fait l’ami des majors et des multinationales qui font des marges hallucinantes sur le dos des artistes et des consommateurs, et n’encourage absolument pas la créativité ».

Elargir le débat

Corinne Lepage choisit un autre angle d’attaque : « Il convient de s’interroger : combien de contenus légaux ont été rendus inaccessibles avec cette décision, pour un manque à gagner qu’aucune étude indépendante ne démontre, et alors que les entrées au cinéma battent record sur record ? Quelle possibilité donnée aux clients de bonne foi de récupérer leurs données ? », écrit Pierrick Prévert, son porte-parole NTIC.

Côté PS, Fleur Pellerin, responsable du pôle « Société et économie numériques » dans l’équipe de campagne de François Hollande, estime que la fermeture de Megaupload montre « combien le débat français autour d’Hadopi est dépassé ». Cette dernière s’exprime en son nom, « pas au nom de François Hollande », précise-t-elle sur le site atlantico.fr. « La lutte contre le piratage doit passer avant tout par une action contre les acteurs économiques qui font commerce de contenus illicites. Il faut veiller à ne pas mettre dans le même sac des acteurs de ce type là et Dailymotion, Deezer ou d’autres starts-up françaises qui jouent le jeu ».

LES ECHOS (SOURCE AFP)


http://www.lesechos.fr


  1. Le procès en justice n’a même pas démarée que le site web est déjà bloqué d’office : je ne comprends pas pourquoi le droit d’auteur est supérieur au droit public et international…

    Enfin si, quand on voit l’entourage du président « il y a quelqu’un qui m’a dit » on pige tout de suite pourquoi NS qui ne connait rien à iPad se réjouit de faire la loi dans le culturel sans passer par la justice.

    Mais on n’est bon qu’à payer l’impôt révolutionnaire : à chaque clé USB acheté, etc. on paye sa taxe pour Johnny Halliday et Consorts qui s’empressent de vivre grand train et en Suisse… Pauvre France !

    Citer | Posté 21 janvier, 2012, 21:33
  2. Anonyme écrit:

    ON LE SAVAIT DEJA MAIS LA C EST VRAIMENT FLAGRANT…
    UN TITRE ME VIENT A L IDEE

    LE FBI AU SERVICE DES MULTINATIONALES

    EN FAISANT TOUTES CES CHOSES LA ILS VONT ACCELERER LA
    PRISE DE CONSCIENCE ET LE REVEIL DE L HUMANITE

    A CE MOMENT LA IL N Y AURA PAS D ABRI POUR EUX

    Citer | Posté 22 janvier, 2012, 13:39
  3. rosa parker écrit:

    dommage il y avait du bon comme du mauvais!

    Citer | Posté 8 avril, 2012, 11:46
  4. lila scott écrit:

    de toute façon c’est clair que le téléchargement pose problème, trop de major ont intérêt à ce que cela soit payant..alors effectivement, ce service gênait d’où sa fermeture!

    Citer | Posté 9 avril, 2012, 15:19

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